Pour ce voyage il me fallait un bouquin. Je lis peu mais en vacances (surtout seul), c'est très agréable d'avoir de la bonne lecture. En 2018, j'ai lu l'Oracle Della Luna durant mon voyage vers la Grèce. Des personnes que j'apprécie beaucoup m'ont cette fois conseillé de lire les pillers de la terre. J'ai été frappé par le hasard des choses: sans le vouloir, je me suis lancé dans la lecture d'un roman dont les faits se passent dans les régions que je traverse: le sud de l'Angleterre. Et il y a deux ans, je suis passé par les météores et près d'autres endroits dans lesquels se déroule l'histoire que je lisais à ce moment-là.

Le soir, je dévore le bouquin dans ma tente, fatigué d'une longue journée parfois passée entièrement sous la pluie. Ça me détend et me permet de continuer fictivement l'aventure dans des contrées que je traverserai probablement le lendemain sur mon vélo.

Traversée qui se fait plus difficilement qu'en France. Ici, le vent souffle du sud-ouest (face à moi donc) et le paysage est très vallonné. Les deux journées passées à rouler sous la pluie ont titillé mon mental. Les vêtements ne sèchent pas, la tente est mouillée, il fait froid et je me demande vraiment s'il existe des essuie-glaces pour lunettes. L'idée de rentrer m'a traversé plus d'une fois mais depuis lundi soir, enfin, ça s'est calmé. Enfin, juste la pluie, pas le vent...

Je me rappelle maintenant pourquoi je terminais ma journée après cinquante kilomètres sur le Surly lors de mon voyage précédent. Si on compare le fait que j'étais alors beaucoup plus chargé au vent de face et aux côtes ici en Angleterre, c'est tout simplement un épuisement pur et dur. Je rencontre ce même épuisement ici. Au bout de cette distance, qu'il soit 15h ou 18h, il n'y juste plus de jus. Peu importe le nombre d'heures de sommeil que j'ai dormi ou si j'ai mangé un bon morceau de viande la veille. À noter que un souci que je rencontre avec mon vélo ici en Angleterre (mis à par une deuxième crevaison) est le ratio de vitesses qui n'est pas assez grand pour grimper des côtes abruptes avec du poids sur le porte bagages.

Je pense donc que mon voyage va être légèrement raccourci, non pas en durée mais en distance étant donné le chemin que je fais chaque jour. Mon nouvel objectif avant de faire demi-tour est Kingsbridge. Pourquoi cette ville? Car c'est un des lieux principaux du roman que je lis et je suis curieux d'aller voir les vieilles pierres dont on y parle. Une fois arrivé, je prendrai un jour de repos et aviserai de la suite. Cela dit, j'espère avoir du vent dans le dos pour le retour. Ça m'aidera sûrement pas mal.

En tout cas j'ai eu beaucoup de chance avec les deux belles journées de route que j'ai eues hier et aujourd'hui. Avec le soleil et moins de côtes, le voyage s'allège et je profite plus de la vue.

Je viens de passer à Stonehenge aujourd'hui. Ces pierres sont impressionnantes et j'aurais voulu en profiter plus mais j'ai été coupé dans mon élan lorsqu'on m'a annoncé le prix d'entrée du petit jardin : 23£ (25,3€). Je me rappelle alors la raison pour laquelle je néglige très souvent les sites touristiques quand je voyage seul: leur absurdité.

Mais je ne me plains pas, le voyage se passe de mieux en mieux et pour l'heure, la route m'attends. J'ai encore un tas de choses à voir. Prochaine étape : Salisbury

Cathédrale de Winchester Stonehenge