Samedi 6 octobre 2018, 01:20. Avec Andrea, on descend du ferry qui nous a transportés pendant 7 heures de l'île de Mali Lošinj à Zadar. Avec une arrivée aussi tardive dans la ville, une auberge de jeunesse s'imposait. Le lendemain, ou plutôt, plus tard dans la journée, on se rejoint pour écouter l'orgue maritime, grande attraction de la ville, et pour déguster une pizza. Ça change des tartines au fromage.

Depuis le départ de Vienne il y a deux semaines, les choses ont bien changé. Plus de temps passé seul et moins de confort. Les difficultés refont surface: douleurs au genoux, quelques nuits glaciales en Slovénie. J'ai hésité à prendre un train à Maribor en Slovénie pour rejoindre Rijeja en Croatie. Mais grâce aux conseils de Peter qui m'a hébergé près de Maribor, j'arrive à réduire mes douleurs au genoux. Je suis content d'avoir traversé la Slovénie en pédalant, les kilomètres parcourus dans les vallées du pays furent bien plus agréables que je ne l'avais imaginé.

Le passage de la frontière croate ne se fait pas sans accrocs étant donné le contexte des migrants qui tentent de passer illégalement d'un pays à l'autre. Faut dire qu'un mec barbu sur un vélo à la douabe, ça passe pas inaperçu.

Ce même jour, je rencontre quelqu'un qui me donne des conseils pour la suite de ma route. Il m'indique les îles de Krk, Cres et Lošinj. Quelle chance de l'avoir rencontré ! Grâce à lui, je passe les trois plus beaux jours de mon voyage en terme de paysages jusqu'ici. Ces îles, par l'odeur de leur végétation et leurs plages magnifiques, me rappellent le Portugal. Mais impossible d'y traîner plus longtemps car le ferry qui relie Mali Lošinj à Zadar ne part que le vendredi et le lundi en basse saison.

À l'auberge de jeunesse à Zadar, je rencontre d'autres jeunes voyageurs. C'est l'occasion de partager nos expériences et nos conseils. On passe inévitablement une super soirée ensemble.

Le lendemain, je reprends la route et réalise avec stupeur la raison pour laquelle je continuais à être lent et pourquoi j'avais mal aux genoux malgré mes petites journées. Ça faisait un mois que je n'avais plus vérifié la pression de mes pneus. Je me demandais pourquoi ce jour là en particulier j'allais plus vite que d'habitude et me rappelle alors mon passage à la station service le matin même apres avoir remplacé ma première chambre à air crevée. Je me sens un peu bête... Mais maintenant, la route paraît plus lisse, ça fait plaisir.

Plus j'avance, plus j'aime cette aventure. Et tu veux savoir un truc ? Eh bien je me sens vraiment heureux.